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Police du web

Posted by Ludovic Gavignet on 20:34 in
D'une nécessaire police du web

La police du web existe-t-elle ? Pas exactement. En fait il s'agit plutôt de sections spécialisées qui ont en charge une surveillance bien précise. Or ne serait-il pas utile qu'il existe une police du web en tant que telle fonctionnant avec des sections spécialisées ?

1) Pourquoi une police du web ?
Les arnaques et autres pirateries sont monnaies courantes sur Internet. Arnaques de petite envergure (individu voulant arrondir ses fins de mois), de moyenne envergure (sociétés ou particuliers proposant des systèmes illégaux ou "bidons"), de grande envergure (phishing par exemple) ou de très grande envergure (blanchiments d'argent, réseaux financiers illégaux, réseaux terroristes, ...).
Outre les arnaques et pirateries, le web est soumis aux mêmes problèmes que ceux de la vie réelle : pédophilie, terrorisme, vol (via détournement de codes de carte bleue notamment), ... Certes vous me direz que pour ces grosses arnaques, ces graves problèmes, les sections spécialisées sont assez performantes et font bien leur travail. J'en acquiesse. Mais ne serait-il alors pas plus judicieux qu'il existe deux sections spécifiques (l'une oeuvrant sur le web, l'autre dans le "réel") travaillant bien évidemment en étroite collaboration ? Ainsi chaque section disposerait non pas de spécialistes "généralistes" dirais-je (c'est-à-dire oeuvrant dans une section générale sur un thème précis telle la pédopholie), mais de spécialistes-spécialistes (c'est-à-dire que chaque section serait découpée en spécialistes oeuvrant sur le web et les autres dans le "réel"). Par ailleurs, ce sont l'ensemble de ces petites arnaques qu'il convient de démanteler afin d'accroître la protection de l'internaute et de contrer ces peurs encore relativement fréquentes chez les internautes, a fortiori les moins expérimentés.

2) Et vis-à-vis des téléchargements illégaux ?
Une police du web serait d'autant plus performante qu'elle permettrait de lutter contre ce fléau non pas uniquement en condamnant mais en étant réellement à l'écoute des internautes. En effet, on a l'impression à l'heure actuelle que la réflexion sur les téléchargements illégaux est unilatérale portant uniquement sur la sanction. Vous me renverrez certainement le débat sur la loi DADVSI où les internautes avaient été appelés à contribuer. Oui, mais ils n'ont pas été écoutés ! Regardez où nous en sommes : les sanctions ont certes été adaptés (plus réalistes vis-à-vis du problème) mais c'est la seule "avancée" (si on peut parler d'avancée ...). Ainsi la police du web, spécialisée, aurait aussi office de conseil consultatif qui émettrait des avis et recommandations aux politiques en place. J'ai illustré mon propos avec les téléchargements illégaux mais cela peut bien évidemment être étendu à tous les domaines du web !

3) Quelle forme pour cette police du web ?
On l'a déjà vu, mais je le répéte :
- Une police calquée sur celle existant sur la vie réelle (prévention-détection-condamnation) mais aussi
- Un organisme consultatif indépendant (très important qu'il soit indépendant pour être le plus neutre, objectif et juste possible)
Organisé selon :
- Plusieurs sections spécialisées divisées elles-mêmes en sous-sections comme par exemple :
> Section Grand Banditisme avec Sous-Section Phishing / S-S Blanchiment d'argent / [...]
> Section Arnaque
> Section Anti-spam
> Section "Petites arnaques" avec S-S Sites-systèmes illégaux / S-S Scam / [...]
> [...]
Quant aux jugements, ceux-ci se devront d'être bien réels, répondant aux textes légaux en vigueur. Néanmoins, vu que la police du web devrait être "consultatif", elle pourra émettre des recommandations qu'il conviendrait de prendre en considération pour faire office d'adaptation de la loi aux réalités du web et de ses évolutions !

4) Les limites à cette police
Toutefois cette police devra impérativement :
- Respecter les libertés individuelles
- Ne pas enfreindre les droits actuels sous quel que prétexte que ce soit
- Ne pas créer un web "tout répressif" ou "surcontrôler" soit veiller à ce que le surf soit toujours aussi agréable mais sans les pollueurs et arnaqueurs !
- Ne pas être omniprésent sur le web : assurer plus une veille et une traque qu'une présence omnisciente (j'imagine le petit logo du policier présent sur tous les sites :-) )
- [...]
Bref, des limites de bon sens mais qui risquent d'être franchies et ainsi de porter atteinte à l'internaute et à ses droits.

En conclusion, une police du web spécifique présente de sérieux avantages. Evidemment elle ne peut se créer du jour au lendemain. Effectivement le web n'est pas une zone de non-droit et est très surveillé. Mais le fait est que le web demeure pollué par des petits ou grands arnaqueurs, ce qui pollue le surf des internautes et rend plus que jamais prégnant un sentiment d'insécurité.
Mais que fait la police !!!

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Second Life : schizophrénie

Posted by Ludovic Gavignet on 10:50 in

Second life ou comment devenir schizophrène !

Second Life, jeu de simulation de vie, ne présente aucun objectif particulier : vous vivez, jouez, travaillez, vous promenez, … Bref, pas d’objectif si ce n’est celui de faire vivre votre double virtuel. Des avantages ? Quels inconvénients ? Quels risques ?

Second Life, un livre à lui tout seul !

Les discussions sur Second Life sont multiples. Les angles d’approche sont divers : sociologiques, psychologiques, médicaux, moraux, éducatifs, …

Bref, Second Life nécessiterait un livre, ou plutôt une collection, tant on pourrait en parler selon des approches et des points de vue différents, convergents ou divergents. Aussi, je propose un aperçu de quelques effets négatifs de Second Life partant du principe que cette simulation n’a d’effets positifs que pour les opportunistes …

Second Life : risque de cyberdépendance ?

Second Life accroît-il le risque de développer des pathologies de dépendance (la cyberdépendance comme on l’appelle ?). Fort probablement.

En effet, Second Life représente pour certains (que je nommerais les « cybermalades »), outre un jeu, un réel refuge où ne s’exercent pas les contraintes de la vie réelle. Ces personnes n’hésitent pas à passer plusieurs heures par jour sur Second Life, ne pouvant en « décrocher ». La pathologie les guette, les atteint, parfois même les détruit. Certes Second Life n’est pas le seul élément déclenchant de ces pathologies, mais il contribue à les développer, tant il se veut un reflet « utopié » de la vie réelle.

Moins extrême mais tout aussi dangereux, les « non décrocheurs » ou « cyberdépendants » qui ressentent un besoin incompressible de « vivre virtuellement », de développer leur « clone », de lui faire vivre ce qu’eux ne peuvent vivre si ce n’est en rêve ou désirs. Ainsi Second Life représente pour eux la possibilité de gérer leur rêve, de vivre leurs fantasmes, d’accomplir leurs désirs … mais ceux-ci demeurent cependant virtuels !

Et il y a les autres, les curieux, qui ont bien compris que Second Life n’était qu’un jeu. Certains s’y amusent de temps à autre, s’amusent à détecter les « cybermalades » et autres « cuberdépendants » tout en se réjouissant de ne pas avoir sombré dans les méandres de ce monde virtuel en perpétuelle conception. Parmi ceux-ci, il y a de ceux, qui comme moi, se lassent dès les premières minutes de « jeu ». Il n’y a rien à faire ! On a vite fait de s’ennuyer … Mais d’autres, détectent les opportunités qu’offrent ce jeu virtuel : gagner de l’argent !

Second Life : quand l’économie croise réel et virtuel …

Une vie virtuelle, calquée sur la vie réelle, induit entre autres, enjeux économiques, financiers, commerciaux, marketing.

Ainsi certains ont une réelle profession sur Second life leur permettant de gagner plusieurs centaines voire milliers d’euros. Tout cela juste en faisant de la spéculation immobilière virtuelle, en gérant une boutique virtuelle, … Bref, en profitant du jeu d’autres membres prêts à dépenser de l’argent réel (convertit en argent virtuel), ces opportunistes ont traqué le bon filon. Il n’est alors pas étonnant que Second Life intéresse de plus en plus les organismes en charge de la régulation et du contrôle des transactions financières !

Mais ce sont aussi les entreprises commerciales réelles qui investissent aussi dans Second Life. En effet, la présence dans Second Life (constituant dès lors un publicité) a un réel impact sur la consommation réelle des joueurs de ce monde virtuel ! Un marketing « Second Life » deviendrait-il indispensable ?

Second Life : les politiques aussi !

On l’a vu lors de l’élection présidentielle française notamment, les partis politiques se sont empressés de manifester leur présence sur Second Life créant par là même leur QG de campagne « Second Life », organisant parfois des conférences virtuelles, incitant les partisans virtuels à coller des affiches tout aussi virtuelles au cœur de ce monde … virtuel, … Bref, les politiques ont autant que faire se peut essayé d’accroître leur présence, de se faire voir ailleurs qu’uniquement par les parcours traditionnels (meetings, médias « traditionnels », site Web, …).

Second Life : une nouvelle religion ?

L’interrogation peut prêter à sourire … mais certaines personnes s’adonnent à un réel culte de Second Life, fréquentant des lieux de culte virtuels, découvrant des religions nouvellement inventées … La religion comme on la connaît peut-elle passer par ce biais ? Admettons (même si cela nécessiterait une réelle réflexion). Mais le risque avec le développement de ce monde virtuel n’est-il pas de voir s’accroître les dérives sectaires ? N’est-il pas de voir se développer une cyberdépendance incitée par les personnes qui auront distinguées les enjeux stratégiques que peut représenter Second life ? En somme, Second Life ne risque-t-il pas pour certains de se substituer, plus que de se compléter, à la vie réelle ?

Second Life : quel avenir ?

L’avenir de Second Life semble très favorable à son développement constant. On en oublierait presque qu’il peut s’avérer très défavorable socialement parlant voire dangereux d’un point de vue économique. La stabilité économique risque en effet d’être ébranlée par le développement de ce monde virtuel, répondant à ses propres règles et ne devant rien au monde réel. Mais « Second Life » est vite rattrapé par la réalité : les gains générés par ce biais doivent être déclarés, les transactions sont de plus en plus contrôlées, … Ainsi, Second Life combine vie connectée (au réseau virtuel) et vie déconnectée (de la vie réelle). Tout le travail des politiques, des instances de contrôle nationales et internationales, … consiste à reconnecter cette vie virtuelle à la vie réelle.

A travers cette brève description (« étude » pourrait paraître prétentieux), vous aurez noté le nombre impressionnant d’interrogations que je soulève. Cela est dû au fait, qu’aujourd’hui encore, nous ne maîtrisons toujours pas cet outil, nous ne savons pas ce qu’il peut (risque ?) de devenir. Bref, où nous embarque Second Life ? Quel est son pouvoir (s’il en a un …)

Second Life, derrière son interface de « jeu » cache de réelles interrogations sociales, économiques, politiques. Les problèmes de santé de l’internaute (cybermalades, cyberdépendants, …) sont aussi à prendre en compte. Ainsi, les effets pervers de cette simulation ne sont pas à prendre à la légère tant les risques sont sérieux et peuvent perturber la stabilité internationale. A nous de savoir nous autogérer !

Second Life ou « Quand la technologie perturbe l’homme ». A quand « Third Life » ou « Quand la technologie surpasse l’homme » ?


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Technologie et fracture sociale

Posted by Ludovic Gavignet on 14:00 in

Quand la technologie contribue à accroître la fracture sociale …

La fracture sociale (selon l'expression et le sens donné par le philosophe français Marcel Gauchet) demeure encore et toujours, en dépit des politiques entreprises pour tenter de la réduire. L’objet de ce propos n’est pas d’entrer dans des considérations politiques, mais bien dans l’analyse d’un fait où la technologie dessert la réduction de cette fracture.

La technologie : conseillée voire obligatoire !

L’usage et la maîtrise des technologies deviennent de plus en plus primordiaux, que ce soit dans le monde professionnel ou plus généralement dans la société de l’information actuelle et les sociétés du savoir à venir. Aussi, tout citoyen doit maîtriser les outils technologiques de base comme les fonctionnalités primaires d’Internet ainsi que les débats sous-jacents (droits d’auteur, mondialisation de l’information, sécurité des données, avantages et inconvénients d’Internet, …). Un exemple concret de la nécessité de cette maîtrise est le Brevet Informatique et Internet (B2I) placés aux niveaux de l’école, du collège et du lycée quelle que soit la section ou la filière ! Le cœur du problème se situe alors bien là : les élèves des classes moyennes ou aisées disposent quasiment tous d’un ordinateur à la maison (connecté bien souvent à Internet), alors que les élèves des classes moins favorisées voire défavorisées ne disposent pour la plupart pas de ces outils. Certes ils disposent de salles informatiques à l’intérieur de l’établissement mais leur usage demeure limité et moins « convivial ». Cet exemple n’est pas unique, il sert d’illustration au propos. On le voit, tout le problème politique est là : on promeut des outils, des technologies, mais en faisant fi des problèmes financiers ou plus généralement sociaux des classes plus ou moins défavorisées

Une politique aveugle

Dans ce cadre, on peut déplorer que les politiques ambitieuses engagées ne prennent pas en compte cet état de fait : il y a déjà une fracture sociale que ne cesse de creuser la politique pro-technologique. Nous n’entrons pas dans les considérations sociologiques, morales, ou politiciennes qui mériteraient pourtant d’être analysées, mais nous nous attachons à faire prendre conscience du malaise dans lesquels certaines familles sombrent. Les politiques semblent partir du fait que « tout le monde est égal ». Certes. Mais il ne faut pas oublier que les inégalités sont un fait dès la naissance de chaque être ! C’est ces inégalités qu’il faut comprendre pour pouvoir les contrer, tout au moins les maîtriser. Bien évidemment, la fracture sociale ne peut être « comblée » uniquement par les faits que je viens de développer, mais tout l’enjeu est de développer une politique conciliant technologie et considérations sociales. Quelles solutions ? Il serait ambitieux que j’en donne. Je peux toutefois donner quelques pistes : soutien financier des familles défavorisées, soutien particulier gratuit pour les élèves qui sont ou qui risquent d’être en marge de l’usage des technologie, sensibilisation des acteurs sociaux de proximité, développement d’infrastructures, … Ces pistes sont pour la plupart déjà exploitées, mais il convient d’affirmer officiellement que la politique « pro-technologie » doit prendre en compte les différences sociales de chaque élève.

L’exemple que j’ai développé n’est pas le seul à accroître la fracture sociale et on risque de critiquer une vision « réductrice », « simpliste », « biaisée » voire « abusée » du problème. Mais à y réfléchir, ne croyez-vous pas que gérer ces problèmes est réalisable un tant soit peu qu’on les considère vraiment ? Pour les politiques essentiellement, mais pour chacun d’entre nous aussi : soyons solidaires ! Et n’y voyez pas un quelconque engagement politique, c’est juste une vision humaniste, plus simplement réaliste du problème, et qui doit faire fi de ces débats vils sur l’ « appartenance » ou la « sensibilité » politique.


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Internet : drogue dure ?

Posted by Ludovic Gavignet on 13:17 in
Internet : une drogue dure légale, parfois même recommandée !

Internet entraîne de nombreuses pathologies, des « cyberdépendances » comme de certains les appellent. Ce phénomène, déjà visible avec les jeux vidéos, ne cesse de s’amplifier laissant présager le pire. Ce danger est d’autant plus « pervers » que les citoyens sont invités à utiliser ces outils offerts par Internet, sans parfois même avoir conscience des risques décrits précédemment !

1) Médias et éducation : incitation à vous « droguer » ?

Les médias parlent sans cesse d’Internet comme un « outil merveilleux » mais abordent rarement les effets néfastes qu’il peut engendrer. En effet, Internet en lui-même constitue une avancée technologique certaine, mais des individus trouvent en ce réseau virtuel un refuge duquel ils ne veulent plus sortir. Drogués, dépendants, cyberdépendants. Impossibles de les faire « décoller » de leur ordinateur une fois qu’ils y ont goûté. Certes se connecter 1 à 2 heures par jour avec un surf dit « maîtrisé » n’est aucunement dangereux. Mais certains ne gèrent plus rien, ressentent ce besoin de se connecter pour faire telle ou telle chose qui n’a rien de vitale mais qu’ils considèrent comme telle ! Comment cette dépendance naît-elle ? Par les appels innocents plus ou moins explicites des médias qui vantent tel site, tel nouvel outil sur Internet. Par les incitations marketings de société qui cherchent à attirer un maximum de monde sur leur site, à utiliser leur outil, pour générer un maximum de revenus. Mais, et il s’agit sans nul doute d’un point crucial, de l’éducation elle-même. Désormais les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) font partie intégrante de la formation des jeunes. Il est indispensable, obligatoire même, d’utiliser ces technologies dont Internet. Plus un jeune sait de choses sur cet outil, plus il a expérimenté d’outils, plus à l’aise il est. Mais cette navigation personnelle, cette soif d’apprendre en autonomie, sont autant de risques qui peuvent conduire à cette cyberdépendance. En effet, personne ne le contrôle forcément (les parents ne perçoivent généralement pas toujours les risques que présentent Internet non seulement du point de vue du contenu mais aussi du surf lui-même et des différents outils sans cesse en développement). Alors l’éducation nécessite une sensibilisation, puis une formation à l’outil et à l’usage de l’outil. Ainsi, dès que l’usager d’Internet prend conscience des risques de cyberdépendance sous quelle que forme que ce soit, il devient citoyen du net.

2) Vers un citoyen du net

Etre citoyen du net, c’est comprendre et faire comprendre les dangers d’Internet en les croisant évidemment avec ses atouts. C’est comprendre la complexité de ce réseau qui paraît si simple. C’est avoir une approche systémique de cet ensemble d’outils. C’est enfin savoir faire le meilleur usage de ces différents outils. Il est indispensable que chaque internaute, chaque citoyen même intègre cette culture technologique et sache prendre le recul nécessaire à sa critique. Citoyen du net n’est pas qu’une expression « pour faire beau », mais bel et bien un enjeu éducatif de première importance, pour les jeunes comme pour les moins jeunes. Dès que tous les internautes seront efficacement formés, alors on pourra développer encore et toujours des outils sans craindre des cyberdépendances généralisées.


Propos déconnectés de la réalité ? Regardez les statistiques des durées de connexion moyennes quotidiennes d’un internaute. Comprenez ainsi que plus un internaute surfe, plus il se soumet au risque de devenir cyberdépendant d’un outil qu’il trouve « génial », d’un site qu’il considère comme « incontournable », d’une technologie qu’il pense « indétrônable ». Alors encore une fois, n’abandonnez pas Internet, comprenez-le et maîtrisez-le !



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Lecture hypertextuelle

Posted by Ludovic Gavignet on 10:45 in
Du volumen au codex, du codex à Internet

Le passage de l’écrit en rouleau à l’écrit en cahier a constitué une évolution majeure. Aujourd’hui, hormis quelques amoureux de l’histoire du livre et de l’écrit, qui prétendrait un retour au volumen, cet écrit en rouleau que l’on roule et déroule à souhait ? « Le cahier est beaucoup plus pratique ». Pourtant Internet marque le retour au volumen. Plus exactement, une hybridation du volumen et du codex. C’est tout là l’objet de mon propos.

1) Les 3 dimensions de la lecture

Lorsque l’on surfe sur le web, on peut accéder à des sites web (usage le plus répandu). Ces sites sont constitués en page. Aussi, pour pouvoir lire un texte en entier, il suffit de cliquer sur l’ « ascenseur », à droite de votre écran. Il s’agit là d’une lecture en rouleau, comme auparavant sur le volumen. Toutefois, cette lecture verticale est souvent couplée à un lien, qui à l’identique d’un livre, vous renvoie sur une autre page : la lecture en cahier (ou horizontale), comme aujourd’hui avec les livres notamment. Il y a aussi souvent une multitude de liens hypertextes. Là, la lecture est transversale. Alors je parle des 3 dimensions de la lecture sur Internet que je nommerais le principe « VHT » pour « Verticale – Horizontale – Transversale ». Je nomme « principe » et non pas règle ou loi, car ces 3 dimensions ne sont pas forcément réunies, bien que ce soit souvent le cas.

2) Outil hybride = Lecture hybride ?

Nos modes de lecture ont-ils pour autant changé sur Internet ? Sûrement.

- Les liens hypertexte : En effet, qui ne lit pas en cliquant sur les liens dès que ceux-ci sont susceptibles de l’intéresser. Toutefois ces choix étaient déjà possibles avec un livre et sa table des matières par exemple. Ce qui change avec Internet, c’est que chaque mot constitue un lien, un nœud vers d’autres pages, d’autres sites, des ailleurs en somme.

- La lecture rapide : Avec Internet, la lecture est rendue moins agréable, le zapping (pour reprendre un terme à la mode) en est d’autant plus accrû. Ainsi, la lecture sur Internet est bien souvent une lecture « rapide » mais malheureusement bien souvent inefficace. Mais la lecture rapide existait déjà me direz-vous ? Oui. Mais avec Internet, cette tendance s’est accrûe. Comparez-vous en train de lire un livre sur support physique avec le même livre sur support virtuel. Vous constaterez vite que vous passerez plus de temps à lire le livre physique que le livre virtuel. Les raisons sont nombreuses : les liens hypertexte qui vous détournent de votre lecture principale, une situation inconfortable de lecture, …

3) Un nouveau rapport à l’écrit ?

Le couplage des 3 dimensions de lecture engendre un autre mode de lecture. Le lecteur construit lui-même son parcours de lecture, sautant d’un lien à un autre, d’un sujet à un autre, d’un thème à un autre. Cette lecture est donc illimitée, infinie.

- Relation auteur-lecteur : Cette relation s’établit comme un contrat implicite où le lecteur attend quelque chose de l’auteur (surprises, idées, …). Avec Internet, cette relation devient vaine puisqu’il y a une multitude d’auteurs dans notre lecture. Cela complique donc d’autant plus le travail de synthèse de l’information. Les auteurs n’ont pas la même qualité et il est difficile de retrouver l’auteur d’une idée si l’on n’a pas noté les références !

- Le pouvoir du lecteur : Le lecteur ressent comme un pouvoir à sélectionner rapidement l’information, à zapper ce qui ne lui convient pas, à changer instantanément de source, … Alors qu’avec le livre physique le lecteur est otage volontaire, avec l’écrit virtuel le lecteur est libre malgré lui. Cette sensation de pouvoir altère alors celle de plaisir. Le plaisir de s’emprisonner dans un livre et de ne pouvoir en sortir. Avec Internet, le lecteur, libre, est perdu, ne sait par lui-même efficacement se guider. Vous l’aurez compris ce pouvoir altère bien souvent le plaisir de lire

Le passage à la 3ème dimension de la lecture, rendu possible par Internet, modifie les modes de lecture. La lecture plaisir laisse place à une lecture libre. Aussi, le livre physique a-t-il encore de beaux jours devant lui : le plaisir de lire un livre physique, avec toutes les « contraintes » qui en font son attrait, risque de ne jamais disparaître au profit d’une lecture virtuelle. C’est plutôt la complémentarité de ces deux types de lecture qu’il convient d’étudier.

« Alors que les écrits paraissent et restent, les écrits d’écran apparaissent et disparaissent »


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Big brother

Posted by Ludovic Gavignet on 10:54 in
Big Brother : de la fiction à la réalité ?

"Big Brother is watching you" ...
N'importe où, n'importe quand, vous pouvez être vus, épiés, surveillés, que vous soyez consentent ou non ...

Mais qui est donc ce big brother qui "veille" sur nous ?


Surveiller plus que veiller
La profusion de caméras de surveillance ("Pour la sécurité" diront les uns, "Pour mieux nous épier" répondront ses détracteurs), le développement d'outils permettant de savoir en temps réel où vous êtes et ce que vous faites (portables, certains PDA, ... et plus généralement les puces électroniques) engendrent une perte (plus ou moins importante) des droits de liberté individuelle. Ces outils, loin de protéger la population, constituent plutôt un moyen de vous traquer. Ne cédons toutefois pas à la paranoïa : on ne vous épie pas personnellement à moins que vous ne soyez suspectés ! Mais le fait est, qu'à tout moment, sur simple décision d'une personne dirigeante, vous pouvez être suivi. Un comportement "suspect" de votre part ? On va vous suivre. Pis encore ! Toute personne peut vous filmer sans que vous ne vous en rendiez forcément compte : caméras numériques, portables avec vidéo intégrée, ... Ainsi, vous vous trouvez peut-être sur certains sites sans même le savoir, bafouant par là même vos droits individuels les plus légitimes (droit à l'image notamment).

Tous victimes, tous coupables ?
Analysez le succès des sites de partage de photos ou de vidéos. Constatez combien d'internautes mettent en ligne des photos ou vidéos. Certes cela ne se déroule pas en temps réel. Mais on sait qu'à tel instant "t" il s'est passé cela à tel lieu "l". Et la multiplication de ces photos ou vidéos permet de tisser un calendrier relativement vaste et conséquent sur ce qui s'est passé à tels instants à tels endroits. En quelque sorte, à travers ces outils vous pouvez ressentir comme une capacité d'ubiquité. C'est d'ailleurs ce sentiment qui inscite les internautes à proposer toujours plus de vidéos, à développer de plus en plus de vidéos en temps réel ! Par ailleurs, regardez le nombre d'utilisateurs de webcams. La plupart de ces utilisateurs parlent avec des inconnus jusqu'alors. Ils se montrent sans pudeur.

Un changement de paradigme ?
On tend à voir se développer ces "exhibitions". Mégalomanie ? Convivialité accrûe ? Je pense plutôt que le changement est beaucoup plus profond. Une nouvelle culture a fait son apparition où la pudeur n'aurait plus sa place. Où le fait de ne pas savoir ce que l'on veut sur une personne via les outils d'Internet serait "anormal". Bref, une culture basée sur le "Tout savoir, tout le temps, sur tout le monde". Mais cette culture ne fait-elle pas fi des libertés indivuelles (cadre juridique), de ce besoin d'intimité (cadre psychologique et social) ? Ses partisans diront qu'il s'agit réellement d'un changement profond, qu'Internet a tout bouleversé sur tous les aspects (sociaux, culturels, juridiques, ...). D'autres modéreront cela en disant qu'il ne s'agit que d'un semblant de changement, d'une sorte d'inhibition de ses besoins innés. Quand de certains prétendront un retour aux valeurs "traditionnelles". Je suis de ceux qui croient qu'à défaut d'un changement de paradigme, il s'agit plus d'une sous-culture (sens sociologique et non péjoratif) qui se développe. Les uns se l'approprient (dont certains naissent avec) alors que d'autres y résistent. Entre ces deux extrêmes, je pencherais pour une appropriation raisonnée et consciente des effets pervers que cette culture peut couvrir.

Devenons-nous voyeurs ?
Question qui peut paraître exagérée ... et pourtant ! Le nombre de visites sur les sites de partage de photos ou vidéos ne cesse d'exploser ! Qui n'a jamais eu la tentation de saisir dans la barre de recherche d'un outil de recherche le nom d'un ami, d'un patron, d'une connaissance ? On désire en effet tout savoir sur une personne, qu'on l'apprécie (pour pouvoir lui plaire encore plus) ou non (pour éventuellement exercer une pression, se moquer, ...) ! Bref, on constate qu'au-delà du voyeurisme, c'est de réelles informations "stratégiques" sur une ou plusieurs personnes que l'on recherche. Me direz-vous peut-être "Je ne suis pas dans ce cas. Je respecte la vie privée des autres". Mais avec le big brother Internet, vous céderez forcément un jour. Non pas que vous soyez du genre à céder à vos "pulsions curieuses", mais plutôt que vous céderez aux pressions qu'exercent l'ensemble des médias, votre entourage même pour utiliser tels ou tels outils que pourtant vous vous étiez promis d'hésiter. Le lobby exercé par Big Brother est tel que nous ne pouvons faire autrement que céder à la tentation. Pour autant, Internet est-il ce fruit défendu ? Internet non. Les mésusages qui en sont faits oui ! D'où tout l'intérêt de s'auto-éduquer à un bon usage d'Internet respectueux des libertés individuelles, de notre vie privée et même de notre intimité !

Mais qui est donc ce Big Brother ?
A l'instar du roman de George Orwell, Big Brother n'existe pas en tant que tel. Il est vous, il est nous. Oui, tous coupables, tous victimes. Je l'ai déjà dit à maintes reprises : à cause de ces technologies que nous croyons maîtriser, nous nous enfermons dans un univers clos duquel nous risquons de ne jamais pouvoir sortir. Nous sommes tels ces rats en cage, dont l'expérimentateur n'est autre que nous-mêmes ! Faut-il pour autant abandonner la technologie ? Certainement pas ! Mais sachons la contrôler, la gérer, en faire le meilleur usage et contrer ses dérives. Malheureusement le lobby "Big Brother" est de plus en plus puissant ... "à l'insu de notre plein gré" voudrais-je dire ironiquement.

Alors, afin d'éviter un monde "big brother", il convient de s'armer de connaissances sur les risques d'Internet, ses effets pervers, sa "face obscure", ou plus exactement il est indispensable de former les internautes afin d'éviter tout mauvais usage de ces outils. La maîtrise consciente et citoyenne de l'outil Internet est alors une priorité dans la formation des individus !

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Twitter

Posted by Ludovic Gavignet on 10:30 in
Twitter : l'internaute exhibitionniste


* Twitter, ça rime avec "Peur" !
http://twitter.com

* C'est quoi ?

Il s'agit d'un système hybride entre SMS, blog et messagerie instantanée. Suite à une simple inscription, vous envoyez un SMS ou message instantané disant ce que vous faites et cela s'affiche instantanément sur le site avec votre photo (ou avatar) et localisation. La force de ce système ? International !

* A quoi ça sert ?
A rien ! Enfin relativisons, cela sert à :
- S'exhiber sur la toile
- Parler pour ne rien dire (Ce qui est malheureusement désormais monnaie courante sur le net ...)
- Créer de l'info-pollution
- Faire croire à une évolution du web (je vois plutôt une régression sociale ...)

* Avantages / Inconvénients ?
- On peut créer un espace privé, c'est-à-dire qui ne soit accessible que pour certains de nos amis (réels et/ou virtuels). Comme ça au lieu que le monde entier sache ce que vous faites, seuls vos amis peuvent le savoir ! "Ouah c'est génial !" m'écries-je ironiquement ...
- Certains avancent l'idée d'un "resserrement" des liens. S'il fallait parler de sa vie privée voire de son intimité pour avoir des amis ...
- Twitter est gratuit (il ne manquerait plus qu'ils demandent de l'argent !)

Bref, Big Brother devient peu à peu réalité à cause d'outils de ce genre que s'approprient des prétendus "techno-addicts". Mais être techno-addict ne signifie pas être stupide ... enfin c'est ce que je croyais ...


NB : Ce billet est volontairement très critique et engagé, car plus les technologies se développent, plus je constate que les gens s'enferment dans une technologie qu'ils prétendent les ouvrir au monde. "OPEN YOUR EYES !" dirais-je ... "OPEN YOUR MINDS !" me répondra-t-on ... A qui le tort, à qui la raison ? Faites-vous votre propre opinion. Le débat est ouvert ! Ma petite citation pour finir : "S'enfermer dans la technologie, ne peut pas vous ouvrir sur le monde"

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