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Documentation : filière bouchée !

Posted by Ludovic Gavignet on 20:37 in
Documentation : coulisses d'une filière bouchée

La documentation s'avère indispensable pour les entreprises. En effet, la gestion documentaire revêt des enjeux organisationnels voire stratégiques majeurs ! Or, le nombre de documentalistes est largement inférieur aux besoins des entreprises. Pourtant, le nombre de formations dans la documentation ne manque pas ! Pourquoi un tel paradoxe ?

1) Le paradoxe du marché de l'emploi en documentation

Le marché de l'emploi en documentation est morose. Pour 1 poste, une moyenne de 100 candidatures sont envoyées. Et cela est sans compter les postes pourvus en interne dans les entreprises par des personnes n'ayant pas forcément suivi d'études de documentation. Pourquoi les entreprises n'embauchent-elles pas les documentalistes ?
La réponse qui me semble la plus pertinente serait le "Retour sur investissement". Evidemment, vous le savez, l'objectif d'une entreprise est de faire un maximum de bénéfices. Pour cela, sont croisés les salaires aux coûts de production - distribution - promotion et aux diverses charges de l'entreprise afin de faire ressortir le bénéfice le plus important possible. Aussi est jugé l'efficacité des salariés. Sont-ils rentables pour l'entreprise ? En fait, cette question est d'autant plus "grave" (dans le sens "important") vis-à-vis des documentalistes, puisqu'ils contribuent pour une part important au fonctionnement interne de l'entreprise. Alors, un documentaliste est-il rentable ? Les chefs d'entreprise vous répondront "Evidemment". Toutefois ils hésiteront longuement à embaucher d'autres documentalistes. "Notre équipe nous suffit largement" s'exclameront certains DG. Pourtant, la situation des documentalistes est dans la plupart des cas préoccupante : en effet, je vous mets au défi de trouver un documentaliste qui n'est pas "overbooké". De plus, sont confiés aux documentalistes toujours plus de tâches, la plupart du temps ne correspondant pas du tout au métier lui-même : administration, standard, rangement (je ne parle pas de classement ou de classification), ...

2) Documentaliste : métier mal connu voire méconnu
Le métier de documentaliste est en effet mal connu. Du grand public "évidemment" (excusez ce "évidemment" si réaliste), mais aussi, et cela en est d'autant plus grave, au sein de l'entreprise elle-même. Le problème est là. Personne ne sait vraiment quelles sont les qualités, les qualifications et les spécificités du métier de documentaliste. La plupart du temps, il est perçu comme un simple "organisateur des papiers" ou la personne a qui demander de faire une recherche sur "Google" (sic). Monsieur SOS (entendez "Documentaliste") n'aurait que ça à faire dans sa journée s'insurgent certains employés ... Oui, documentaliste est perçu comme un métier tranquille, facile, accessible, ... Bref, en quelque sorte un "sous-métier" ?

3) ERRATUM : Caricature ...


Excusez cette caricature. Reprenons donc. Dans l'entreprise tout le monde connaît le service documentation. Les employés perçoivent bien son utilité et en font un usage raisonné en comprenant toute son utilité et son fonctionnement. Mais lorsque les employeurs recoivent des candidatures d'autres documentalistes, il pense "Cela est inutile. Le service documentation tourne bien comme ça. La boîte aussi". Mais ce qu'ils ne perçoivent pas, c'est que s'ils embauchaient un ou plusieurs autres documentalistes, le système d'information pourrait être beaucoup plus performant, la communication inter service facilitée et suscitée.
Alors me direz-vous, un documentaliste en plus et tout va forcément mieux aller ? Non, ce que je voulais dire par là c'est qu'il faut passer outre les simples constatations. Il est du ressort des employeurs (service RH ou le cas échéant personnel de direction), de procéder à une réelle étude de la gestion documentaire dans l'entreprise. Est-elle optimale ? Est-elle performante ? Peut-elle être améliorée ? Et plus précisément : quel profil de documentaliste employer ?

4) Le déséquilibre Formation - Emploi
La formation initiale de documentaliste se veut généraliste. Après 2-3 ans d'étude post baccalauréat, les spécialisations interviennent. Ces spécialisations ne manquent pas. Pour autant, face au marché de l'emploi en documentation, ces spécialisations s'avèrent la plupart du temps inutiles. Trouver un emploi se présente comme un parcours du combattant ! Il y a en effet beaucoup plus de candidats que d'offres à pourvoir. Un test (tristement) "drôle" à faire. Allez dans une ANPE et demandez un emploi dans la documentation. Observez ensuite la tête de votre interlocuteur. Vous comprendrez ! Alors pourquoi l'université propose-t-elle tant de formations, accueille-t-elle tant d'étudiants alors que les débouchés sont peu nombreux ?
Deux solutions : soit réduire le nombre d'étudiants dans ces filières (ce que j'appellerais la "mauvaise solution"), soit établir des partenariats multiples avec les entreprises pour qu'elles saisissent toute la force de la profession de documentaliste, toute son utilité et le caractère stratégique qu'elle revêt.

Finalement, la situation critique et qui ne cesse de s'aggraver du marché de l'emploi en documentation est dûe à une méconnaissance des multiples facettes et de la réalité du métier de documentaliste. Le problème est donc à prendre en amont, au niveau de l'université : établir de réelles passerelles entre le monde théorico-pratique (DUT, Licence pro., ...) et la marché du travail. La documentation a tant à offrir, pourquoi votre entreprise s'en prive-t-elle en se mettant elle-même des oeillères ?

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Immatérialité = déréalisme ?

Posted by Ludovic Gavignet on 17:50 in
L'immétarialité au service de la "déréalité" :
Internet ou les effets pervers d'une pseudo réalité


Internet, tantôt défini comme reflet de la réalité, tantôt comme monde novateur, tantôt comme simple évolution technologique de notre monde réel, suscite de nombreuses interrogations. Quels dangers ces définitions antagonistes recouvrent-elles ? Pourquoi de plus en plus de personnes sombrent dans une cyberdépendance ou une "cyberillusion" ?

1) Une multiplicité de définitions : pourquoi ?
Chacun d'entre nous perçoit Internet d'une manière différente. Si vous êtes là à lire ce blog, c'est certainement qu'Internet représente pour vous un progrès, un atout voire un élément incontournable. Alors que pour d'autres, ceux que j'appelle les technophobes notamment, Internet n'est qu'un leurre, un danger même, à cause des illusions qu'il laisse paraître comme vérité.
Outre ces deux "camps", les définitions changent selon les personnalités ... et aussi selon les moments de la vie de l'internaute. Ainsi je vais prendre l'exemple d'un joueur standard devenu joueur compulsif à cause d'Internet.

2) Comment devenir joueur compulsif ?
Cette question, qui juste par le fait de la poser suscite un sourire, cache en fait un réel problème de société.
[Cas fictif inspiré de multiples faits réels]
Ce joueur, que nous nommerons "Monsieur Z" découvre Internet en 2000. Il découvre quelques sites de jeux, cumule quelques légers gains (5 à 10€ par mois). Puis les sites de jeux se multiplient. Monsieur Z en profite pour multiplier les gains, se disant "C'est tout bénéf". Avec l'appât du gain, Monsieur Z, vainqueur désormais de plusieurs centaines d'euros par an, décide d'investir ses quelques gains. Tantôt il gagne, tantôt il perd, mais au final, ce qu'il perd, il l'avait préalablement gagné. "De toute façon, cet argent demeure encore virtuel. Certes je pourrais le rendre réel, mais à quoi bon .... des sommes aussi peu conséquentes !" se dit-il. Puis il découvre les casinos en ligne. Les gains sont beaucoup plus conséquents, les investissements aussi. Alors Monsieur Z tente l'expérience grâce aux bonus offerts à l'inscription. Pour 50€ déposés, il en reçoit 100. Monsieur Z flaire ce qu'il pense être la "bonne affaire". Alors il joue, gagne un peu, reperd. "Bon j'ai mis un peu de mon argent personnel, mais c'est comme si je jouais dans un vrai casino, je perds ou je gagne". Pourtant Monsieur Z n'avait jamais mis les pieds dans un casino. Si, peut-être une fois, "pour voir", mais en misant quelques dizaines d'euros. Pourtant avec Internet Monsieur Z ne peut plus se défaire de ces jeux : "C'est génial, je n'ai pas à bouger, les dépôt se fait en un clic de souris, ..." pense-t-il. Malheureusement, Internet aveugle Monsieur Z. Les dépôts se font de plus en plus réguliers et de plus en plus conséquents. "Ce n'est rien, c'est que du virtuel !" ne cesse-t-il de se répéter. Pourtant, à voir ses relevés bancaires, Monsieur Z perd plusieurs centaines d'euros par mois. Les débits ne cessent d'augmenter, la banque l'appelle fréquemment. Monsieur Z, pris dans le cercle vicieux, prend une décision qui scellera définitivement son sort : prendre des crédits. Malheureusement Monsieur Z perd toujours. Sauf une fois où il a gagné 100.000 euros. Pris dans la frénésie du jeu, certain de pouvoir revenir à son état initial, il rejouera l'intégralité de ses gains pour au final les perdre à nouveau. Monsieur Z est aujourd'hui interdit de casino. Il suit une psychothérapie et est fiché à la Banque de France car surendetté. Pourtant Monsieur Z ne s'est pas arrêté de jouer. Au contraire, il multiplie encore les dépenses sur des casinos en ligne peu recommandables, et ne cesse d'aggraver sa situation. Monsieur Z se détruit petit à petit par le jeu, à cause de jeux immatériels avec de l'argent pourtant bien réel. Monsieur Z n'est pas le seul dans ce cas. La situation continue pourtant encore de s'aggraver.

3) "Exemple abusif, tout du moins extrême !" ?
Certes, multiples seront ceux qui s'insurgeront de cette vision extrêmement négative du jeu d'argent sur Internet. Mais Monsieur Z n'est pas un cas isolé. L'objet de cet article n'est pas de critiquer gratuitement ces sites, mais bien d'interroger sur les dangers qu'il présente. D'ailleurs, l'exemple des casinos a été pris car le plus généralisé, mais il ne s'agit aucunement d'un "anti-casinotisme" de ma part. Non. Je souhaite juste soulever le problème que pose Internet. Le joueur n'est pas autant contrôlé que dans les salles de jeux réelles. De plus, ces jeux sont accessibles à tous. Evidemment, de nombreuses protections restreignant le jeu aux personnes majeures existent mais sont-elles efficaces ? Non. Il suffit en effet de mentir, de voler la carte bancaire de ses parents ou de son grand frère pour pouvoir jouer qlors même que l'on est mineur. Que faire ? Protéger Internet. Mais quand je dis protéger, je ne dis pas espionner. Je dis juste mettre en place des systèmes, qui, préservant l'anonymat du joueur, garantissent son droit de jouer.

4) Internet : entre réel et virtuel
Internet se situe alors bien là : entre réel et virtuel. Chacun le classifie différemment selon ce qu'il l'arrange. Par exemple celui qui joue et gagne dira qu'Internet est incontournable, un réel reflet de la société, même un atout puisqu'il permet réellement de gagner. Un joueur compulsif qui perd se dira quant à lui que ses pertes ne sont que virtuelles, il se mentira à lui-même s'assurant que ses investissements bien que réel n'ont que pour effet de satisfaire un loisir. Pourtant c'est une réelle drogue qu'il satisfait. Ce joueur compulsif est en effet cyberdépendant.
Evidemment, les joueurs compulsifs existaient bien avant Internet. Mais où je veux en venir, c'est qu'Internet facilite ce risque de cyberdépendance. Les dérives sont beaucoup plus faciles. Les opportunités se multiplient pour se laisser prendre au piège.

5) Que faire ?
Je vais là vous soumettre une suggestion de "bonnes paroles". Mais si vous les respectez, à défaut d'en sortir gagnant, vous n'en sortirez pas perdant !
- Soyez un joueur responsable : contrôlez vos jeux !
- Gérez vos finances : ne misez pas plus que vos moyens, ne croyez pas vous "refaire" facilement. D'ailleurs plus vous pensez à vous "refaire" plus vous sombrez dans la dépendance
- Jouez sur des sites de confiance (labelisés, reconnus, ...)
- Optez pour une stratégie de jeux : combien d'investissements maximum par mois (si investissement il y a
- Prenez du recul sur toutes vos actions.

Ainsi, Internet présente des illusions et désillusions. Non Internet n'est pas le Diable. Pourtant il peut vous mener tout droit vers l'enfer. Non Internet n'est pas un Dieu. Pourtant en le maîtrisant vous pourrez atteindre un certain paradis. Bref, Internet en soi n'est qu'une technologie. Mais derrière cette technologie se cachent des systèmes bien réels, des jeux d'argent importants, des personnes et organisations qui cherchent à faire de l'argent. Ne sombrez pas dans le piège. Internet : attention danger ... mais aussi, vite opportunités !
Sachez faire la part des choses ;-)

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Casinos illégaux

Posted by Ludovic Gavignet on 16:31 in
Les casinos en ligne illégaux ... et pourtant !

Pour protéger le monopole (controversé) de la Française des Jeux sur les jeux de hasard, les casinos en ligne sont illégaux (selon la réglementation française en vigueur). Pourtant ces sites ne cessent de fleurir un peu partout ...
Point sur une réglementation floue et réflexion sur la situation actuelle.


1) Le monopole de la Française des Jeux

Pour proposer un jeu d'argent en ligne lié au hasard, il est obligatoire de disposer d'une licence. Or en France, seuls La Française des Jeux et le PMU peuvent proposer des offres de paris et de jeux interactifs payants. Ainsi, les casinos en ligne et autres sites de paris payants semblent illégaux ... et pourtant !

2) Un flou législatif
Qui ne connaît pas, tout au moins n'a pas entendu parler de Sportingbet, europronostics, Betway, Bwin ou encore Uniway ? Pour l'instant, aucun de ces sites ne demeurent en France : logique, ils sont illégaux ! Pour autant, il est tout à fait possible (légal ?) pour un internaute de jouer sur ces sites, de parier ses deniers et de demander un paiement. S'il n'y a pas de poursuites à l'encontre de l'internaute joueur, c'est à cause du flou législatif qui entoure ces jeux. Alors a-t-on le droit d'engranger les gains acquis par le biais de ces sites ?

3) Pourquoi ces sites sont-ils illégaux ?


3.1) Les arguments
Entrons dans le vif du sujet par une petite réflexion. Les arguments couramment avancés par les défenseurs du monopole Française des Jeux-PMU sont :
- La sécurité du joueur (certains casinos vereux volent vos données personnelles)
- Les paiements (vous n'aurez aucun recours légal en France si vous n'encaissez pas vos gains car ces sites sont illégaux !). Toutefois cet argument peut tout à fait être contesté : si les sites de ce type étaient considérés comme légaux, alors il y aurait possibilité de recours.
- L'indifférence de certains sites. Indifférence dans le sens où certains site ne vérifient pas les interdits de casino, ne contrôlent pas vos pertes, sécurisent mal leurs serveurs, ...
A contrario les arguments avancés par les détracteurs de ce monopole sont :
- La liberté des joueurs. Pourquoi ce genre de site serait-il interdit dans une démocratie ?
- Une nouvelle réalité. Internet présente des possibilités nouvelles qu'il est indispensable de prendre en compte
Ainsi, le débat demeure encore et toujours ouvert. Aucune avancée ne semble faite dans un sens comme dans un autre. Alors question : un monopole comme celui de la Française des Jeux peut-il perdurer face aux progrès d'Internet ? Cela est-il souhaitable ? A chacun de se faire sa propre opinion.

3.2) Considérations économiques
Toutefois, le fait de pouvoir jouer et d'encaisser ses gains montre bien que la loi relative au monopole de la Française des Jeux ne tient qu'à un fil. Mais il faut aussi constater que le lobbying exercé par ces sites est conséquent. En analysant plus profondément la situation, on constate vite que le fonds réel du débat est économique. En effet, le manque à gagner pour l'Etat français est conséquent : 8,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour la Française des Jeux (détenue à 72% par l'Etat). D'un autre côté, autoriser ces sites en France générerait combien d'euros avec les impôts et taxes diverses récoltées ?

3.3) Etude sociologique
Mais outre ces considérations purement économiques, il faut considérer ce développement exponentiel des jeux payants en ligne d'un point de vue sociologique. Quelles conséquences peut avoir cette augmentation incessante du nombre de casinos en ligne ? Quelles relations l'homme va-t-il entretenir avec ces jeux payants ? Quels risques cela présente-t-il ? Autant de questions indispensables à prendre en considération auxquelles seules des études approfondies organisées par des instituts indépendants pourront répondre. Par ailleurs, ne risque-t-il pas d'y avoir saturation du marché avec toutes les conséquences dramatiques que cela peut avoir (arnaques, chômage, déstabilisation économique, guerre concurentielle virulente, ....) ?
En réalité, c'est le passage de la surprotection à la sous-protection qui risque d'être le plus dangereux. Le joueur, non préparé à tous ces dangers qui le guettent, pourra malencontreusement se faire arnaquer, perdre la maîtrise de son jeu, se faire abuser, ...

4) Quelle(s) solution(s) ?

Y a-t-il réellement une solution à ce débat ? Je verrais plutôt la nécessité d'une médiation avec des concessions d'un côté comme de l'autre. Certes il peut être rapide de résoudre le problème en abrogeant ou modifiant un texte de loi, mais le problème comme nous l'avons vu est beaucoup plus complexe avec une multitude de considérations sous-jacentes.
Alors l'idéal serait une légalisation contrôlée de ces sites, et l'attribution d'un label (octroyé par un institut neutre) afin que l'internaute reconnaisse les sites fiables des sites moins ou non recommandables. Toutefois, les casinos terrestres verraient là aussi l'arrivée d'une nouvelle concurrence : est-elle utile ou au contraire dangereuse car déstabilisatrice ?


Au final, on constate la difficulté de ce débat. De superficiel, on rentre vite dans des considérations plus complexes que je ne peux que traiter brièvement faute de compétences spécifiques dans ces domaines. Alors on comprend mieux pourquoi ce débat ne cesse d'être à l'ordre du jour : entre lobbying, monopole et liberté, la situation est relativement complexe. L'idéal ? Tendre vers un label octroyé par un institut indépendant. Mais face à un marché où tant d'argent circule, les dangers sont plus que jamais présents !

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